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Malgré le renforcement des engagements pris par les États lors des COP internationales sur le climat, les projections indiquent un réchauffement global en France de l’ordre de 2,7°C en 2050 et de 4 °C en 2100 par rapport à 1900, selon la Trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (TRACC).
En 2100, en Occitanie, les températures de Toulouse seront celles de Lisbonne aujourd’hui et celles de Montpellier seront celles de Séville. L’été 2022, deuxième été le plus sec depuis 2000, deviendrait la norme.
Ces évolutions auront des impacts sur la santé, les conditions de vie, la ressource en eau, la biodiversité, les usages et activités économiques (agriculture, tourisme…), ainsi que sur les infrastructures.
Des effets déjà perceptibles vont s’intensifier : recul du trait de trait de côte, incendies, sécheresse.... Ils pourraient remettre en cause le modèle socio-économique à horizon 2050.

La carte ci-après met en évidence une forte concentration de populations vulnérables (personnes âgées ou souffrant de problèmes de santé, malades) sur le pourtour méditerranéen et dans l’agglomération toulousaine. Ces territoires sont fortement exposés aux vagues de chaleur et aux nuits tropicales (températures supérieures à 20 °C), ce qui accentue la vulnérabilité de ces publics fragiles. Les enfants et les personnes en situation de précarité comptent également parmi les populations les plus sensibles à ces phénomènes.
Selon les estimations de Météo-France, en 2050, l’Occitanie pourrait compter en moyenne 36 jours par an avec des températures supérieures à 30°C, contre 16 jours en moyenne aujourd’hui.
L’augmentation de ces épisodes extrêmes entraînera des conséquences directes sur la santé de ces populations. En fonction de leur niveau de vulnérabilité (enfants, personnes âgées, malades, public en situation de précarité), de leur localisation géographique et des caractéristiques de leur habitat, ces populations peuvent être exposées à des risques plus ou moins élevés : aggravation de maladies, troubles du sommeil et fatigue, coups de chaleur, isolement social, surmortalité…

WebC6 De plus longues périodes de fortes chaleurs dans des zones qui concentrent beaucoup de personnes vulnérables 4 3
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Les infrastructures de réseau (rails, routes, réseaux d’eau, d’électricité, etc.) sont également sensibles aux conditions météorologiques et donc au changement climatique. L’augmentation des évènements extrêmes — vagues de chaleur et sécheresse, orages, inondations, feux de forêt — accélère la dégradation des équipements et peut provoquer des dommages importants, voire des ruptures de réseaux.
Si l’on considère le risque incendie, les départements méditerranéens sont très exposés à ce risque, et comme le montre la carte l’indice de sensibilité au feu, il devrait fortement croître d’ici 2050. Les zones des Corbières et de la Montagne Noire seront également concernées, bien que dans une moindre mesure. Les dégradations générées auront des conséquences majeures sur les réseaux essentiels que sont l’électricité, l’eau, les télécommunications, et les transports.
Les coupures d’électricité peuvent perturber les systèmes de climatisation et de chauffage, augmentant les risques sanitaires lors des vagues de chaleur ou de froid. Elles peuvent aussi avoir un impact sur les hôpitaux, les maisons de retraite et autres structures sensibles.
Les ruptures d’approvisionnement en eau potable présentent des risques sanitaires (déshydratation, maladies hydriques) et des difficultés pour l’agriculture et l’industrie. Les perturbations des télécommunications entravent l’accès aux services de secours et contribuent à l’isolement des populations les plus vulnérables. Des dysfonctionnements dans les transports entraînent des retards dans l’acheminement des biens essentiels et impactent l’économie (tourisme, commerce).
Par ailleurs, l’érosion du littoral et la montée des eaux contribueront aussi à rendre certaines infrastructures, notamment de transport, inutilisables.

WE C2 1 sensibilité feu transports terrestres
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Comme les infrastructures, les zones anthropisées — qu’elles soient urbaines ou à vocation économique — seront exposées à de forts risques d’inondations. Sur le littoral, ces risques s’ajoutent aux phénomènes d’érosion, de recul du trait de côte et à une augmentation notable du risque incendie.
Les espaces urbains subiront également l’effet d’îlot de chaleur urbain qui accentuera les impacts des vagues de chaleur et interroge l’aménagement futur des zones urbanisées.

Les bâtiments seront également impactés par les aléas climatiques. L’Occitanie est la région la plus exposée au phénomène de Retrait-Gonflement des Argiles (RGA), notamment sur le littoral et dans sa partie ouest : 68 % du territoire est concerné (carte ci-dessous). En 2015, elle représentait à elle seule 27 % du coût national des dommages liés au RGA (source : CCR), et près de 43 % des communes ont déjà été touchées au moins une fois. L’intensification des cycles alternant sécheresses et pluies intenses aggravera ces effets, particulièrement sur les maisons individuelles. L’apparition de fissures et de désordres peuvent compromettre la solidité des bâtiments et la sécurité de leurs habitants.

WebC25 Une forte exposition au RGA 4 3
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Concernant le patrimoine naturel, les projections indiquent qu’à l’horizon 2050, le débit des cours d’eau superficiels en période d’étiage (juin à octobre) pourrait diminuer jusqu’à 50 %. Les départements des Pyrénées-Orientales, de l’Aude et de l’Hérault seraient particulièrement touchés. Cette baisse des débits constitue un risque majeur, non seulement pour les activités économiques, mais surtout pour la biodiversité. Elle impactera la viabilité des zones humides et les continuités écologiques.
La biodiversité sera également affectée par les vagues de chaleur. Les zones Natura 2000 et les secteurs qui abritent des ZNIEFF seront particulièrement touchés, notamment dans la partie Est du territoire, la zone des Pyrénées étant moins impactée. Les massifs forestiers, particulièrement en zone méditerranéenne, seront plus vulnérables aux incendies. Les arbres subiront sécheresse et chaleur, ce qui fragilisera leur rôle de puits de carbone et d’habitat pour de nombreuses espèces. Les écosystèmes seront perturbés : un réchauffement d’1 °C correspond à un déplacement moyen des espèces de 180 km vers le nord, ce qui n’est pas toujours possible. Enfin, on assistera à une prolifération des espèces exotiques envahissantes et des ravageurs.
La dégradation du patrimoine naturel impacte la disponibilité de la ressource en eau, la sécurité alimentaire, l’exploitation forestière, le tourisme, la pêche et l’aquaculture, la santé humaine, le cadre de vie, etc.

WebC10 De plus longues périodes de fortes chaleurs dans des zones qui abritent du patrimoine naturel 4 3
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Dans le secteur de l’agriculture, étant reconnu comme première région agricole de France, l’Occitanie sera d’autant plus vulnérable aux effets du changement climatique. La succession et la multiplication des phénomènes climatiques extrêmes (sécheresses, gels) fragiliseront les filières agricoles et menaceront l’avenir des plus exposées. Des départements entiers dans le nord et l’ouest de l’Occitanie seront touchés par de longues périodes de sécheresse, tandis que ceux situés en bordure du littoral seront relativement moins exposés.
L’augmentation des périodes de stress hydrique, le risque accru de gelées tardives et les restrictions sur l’irrigation liées aux sécheresses perturberont la qualité des productions et entraîneront des pertes de rendement. L’élévation des températures et la baisse de la disponibilité en eau sont les facteurs les plus dommageables, tant pour les cultures que pour l’élevage : les animaux seront davantage soumis à des épisodes de stress thermique lors de fortes chaleurs (températures > 35 °C).
Face à ces défis, l’adaptation des filières est essentielle afin de préserver la diversité des productions et des activités agricoles qui font la richesse du territoire.

WebC23 De plus longues périodes de sol sec 4 3
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Dans les zones touristiques (littoral et montagne, notamment les Pyrénées Ariégeoises), les activités économiques sont elles aussi menacées par le changement climatique.
Sur le littoral, les tendances observées jusqu’à présent et déjà perceptibles pourraient se renforcer : érosion, recul du trait de côte, multiplication des vagues de chaleur.
En zones de montagne, la forte diminution de l’enneigement devrait se poursuivre.
Plus globalement, les problématiques croissantes de quantité et de qualité de l’eau pourraient entraîner la réduction, voire l’arrêt, de certaines activités industrielles ou touristiques.
Ces évolutions obligent à repenser les modèles actuels de tourisme et d’économie pour relever le défi de l’adaptation au changement climatique.

WebC20 Des zones touristiques situées dans des zones basses menacées par l élévation du niveau de la mer 4 3
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