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Dans le cadre de sa stratégie Région à énergie positive, la Région Occitanie Pyrénées tend à réduire de 40% les consommations énergétiques finales des transports de son territoire à l’horizon 2050. Un objectif auquel contribue la Communauté de communes des Cévennes Gangeoises et Suménoises en développant un plan d’actions de mobilités durables.

Partant du constat d’un fort autosolisme sur leur territoire, notamment pour les trajets inférieurs à 3km, la communauté de communes mise sur trois leviers à l’échelle de ses 13 communes :

  • le développement d’un réseau d’autostop ;
  • la mise en place de plateforme de covoiturage ;
  • l’amélioration et la sécurisation des voies cyclables ;

La communauté de communes compte sur le dialogue territorial et, ce à plusieurs échelles, entre les citoyens, les techniciens et élus communaux, départementaux et régionaux pour concrétiser leurs engagements en termes de transition énergétique des mobilités. Portrait.

 

https://player.vimeo.com/video/470935251

Transcription :

Interview de Mr Lucas Faidherbe, Vice-Président de la Communauté de communes des Cévennes Gangeoises et Suménoises en charge du développement durable et de Mr Michel Fratissier, Président de la Communauté de communes des Cévennes Gangeoises et Suménoises

Quelles actions de mobilités durables mises en place sur votre territoire ?
Lucas Faidherbe
 : D’abord on était partis d’un constat, c’est que la mobilité n’est pas fluide. Tout le monde utilise la voiture, et quasiment uniquement la voiture, même pour les tout petits trajets de deux ou trois kilomètres.
Cette étude de plan global de déplacements nous a confirmé ce constat, et donné des pistes de réflexion et un ordre à suivre pour améliorer cette situation. On a mis en place, en alternative à la voiture, au tout voiture, d’un côté un système de covoiturage avec des parkings relais, un système d’autostop sécurisé et organisé avec Rezo Pouce, et puis l’amélioration des voies cyclables et de la sécurisation et du stationnement des vélos.

Comment mobiliser les acteurs pour déployer les actions de mobilités durables sur votre territoire ?

Michel Fratissier : Les partenaires dans le domaine des mobilités douces ne manquent pas. Qu’on mette en synergie ces acteurs du territoire pour qu’on n’ait pas de contradictions de politique territoriale. Mais le lien qu’on va tisser entre le projet d’un territoire d’EPCI et les projets communaux, c’est que on doit partager à la fois une culture commune - donc ça il faut y travailler, il faut en parler souvent, il faut débattre, etc. y compris avec la population, faire des réunions avec le public - mais aussi sensibiliser les conseils municipaux : quand ils pensent un projet de ce type, de mobilité douce, ils veuillent bien en référer à la collectivité territoriale EPCI pour mettre en avant ces projets et pouvoir les cofinancer et être le relais avec les collectivités qui, elles, sont des financeurs très importants comme la Région ou le Département pour dire : voilà il y a une cohérence de projet entre la commune, l’EPCI, sur ces problématiques de mobilité douce.

Quelles clés de réussite pour le déploiement de vos actions de mobilités durables ?

Lucas Faidherbe : D’abord c’est de bien comprendre le problème nous-mêmes. D’où la nécessité de faire appel à des bureaux d’études extérieurs qui viennent nous accompagner dans le diagnostic et les propositions. Tout au long de ces études c’est d’intégrer le public et les usagers à cette problématique pour savoir les problèmes que eux rencontrent directement et puis ce qu’ils espèrent.Et puis après c’est faire les choses dans l’ordre.
C’est difficile par exemple de subventionner un vélo si l’on ne sait pas où le stationner, ou si on ne peut pas l’utiliser, ou si les enfants ne peuvent pas aller de leur maison au collège. Donc il faut commencer par sécuriser les voies, par sécuriser les parkings pour le vélo. Le Rezo Pouce, l’auto stop : il fallait que les panneaux soient en place, que la plateforme Internet soit bien fonctionnelle, pour communiquer dessus et inviter les gens à s’inscrire.

Quelles sont les prochaines étapes pour concrétiser vos actions de mobilités durables sur votre territoire ?

Michel Fratissier : Je pense que les mobilités douces, il faut les mettre en cohérence avec des politiques plus globales.
C’est-à-dire que ce n’est pas simplement les mobilités douces, ce n’est pas simplement le développement durable : le développement durable ça peut être une vraie identité de territoire. Et cette vraie identité de territoire peut servir au développement de notre territoire. Qu’on puisse identifier le fait qu’on a une vraie sensibilité autour de cette question de la protection de l’environnement, de la protection des paysages, et donc naturellement d’une économie qui permet à la fois de se développer mais en préservant notre capital nature et donc pour cela il vaut mieux utiliser un vélo qu’une voiture ou un bus au gasoil. Voilà. Donc on a du travail !