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Favoriser et accompagner les changements de comportements en termes de mobilité en Occitanie

Mobilité durable Vers une mobilité durable en Occitanie

Temps de lecture estimé : 8 mn

Accompagner le changement de comportements des usagers est un levier clé pour assurer la transition de son territoire vers des pratiques et habitudes de mobilités durables. Dans un contexte de défis climatiques et énergétiques, la collectivité est un acteur public légitime pour initier ou concrétiser des changements à la fois individuels et collectifs, au nom de l’intérêt général. Elle dispose de plusieurs compétences et outils qui, mobilisés à bon escient, guident les évolutions des comportements quotidiens attendues pour une transition énergétique et environnementale.

 

S’appuyer sur l’aménagement territorial pour accompagner le changement de comportement

Encourager l’utilisation des modes actifs sur son territoire
En tant qu’aménageur, la collectivité peut accompagner la transition vers des pratiques de mobilités durables de manière structurelle et prescriptive.
Dans le cadre de son Plan Local d’Urbanisme (PLU ), une collectivité peut encourager une réduction de l’utilisation de la voiture au profit du développement de modes actifs - vélo, marche , etc.
L’aménagement de zones à vitesse réduite, de zones piétonnes ou encore l’élargissement des voies cyclables, en réduisant le nombre de doubles sens de circulation, augmentent les temps de déplacements réalisés en voiture. Les courtes et moyennes distances devenant plus rapides à pied ou à vélo, ces aménagements incitent au report modal des usagers. L’urbanisme devient ainsi un levier pour proposer de nouveaux partages des espaces publics, sécuriser davantage les déplacements des piétons et cyclistes, et réduire l’autosolisme sur les territoires.

Pour proposer un maillage territorial en faveur des modes actifs, notamment pour les courtes distances, différents documents sont à réviser, selon les territoires.
Les territoires urbains mobilisent le PLU, tandis que les territoires à extension urbaine modérée jugent plus pertinent d’opérer une révision de leur Plan de Déplacements Urbains pour garantir une intégration paysagère des nouveaux cheminements au service de la qualité urbaine.

Les territoires ruraux intègrent quant à eux la sécurisation de leurs chemins existants dans leurs documents d’urbanisme. En devenant le socle pour les futurs aménagements piétons et cyclables définis par le PETR, ces chemins ruraux deviennent préservés d’une urbanisation future des territoires.

La période post Covid-19 a accéléré les opportunités de partage de l’espace public entre les différents modes de déplacements. Ces actions d’urbanisme dites “tactiques” consistent en des aménagements temporaires qui réinterrogent l’organisation des espaces publics et les mobilités sur un territoire. Plusieurs territoires en Occitanie ont fait le choix de ces aménagements provisoires pour garantir la sécurité et santé des populations se déplaçant à vélo ou à pied. Les agglomérations de Toulouse, Carcassonne ou Montpellier ont, entre autres, mobilisé leurs mobiliers urbains existants pour créer de nouvelles voies cyclables ou élargir et sécuriser celles existantes. Les communes de Sète ou Figeac quant à elles ont fait le choix de l’urbanisme tactique pour élargir leurs zones piétonnes.

Organiser le stationnement sur son territoire, levier incontournable pour l’évolution des pratiques de mobilités.
Nécessaire au point d’origine et au point de destination de tout déplacement - qu’il soit automobile ou à deux roues - le stationnement est un des principaux déterminants des choix de transport individuels. Face à la prépondérance de la voiture comme mode de déplacement, le stationnement constitue, un maillon essentiel du développement de l’intermodalité. Il est un des principaux outils de gestion de la mobilité à disposition des collectivités, dans le cadre leurs compétences d’aménageurs territoriaux.

L’enjeu autour du stationnement est de pouvoir répondre aux besoins des usagers – résidents, commerçants, travailleurs, visiteurs… - tout en endiguant la dépendance à l’autosolisme sur les territoires. La politique de stationnement d’un territoire représente alors un levier pour inciter les usagers à choisir des modes de déplacements décarbonnés et/ou partagés :
le choix d’une tarification différenciée de stationnement selon le lieu de résidence ou le type de véhicule utilisé peut inciter au report vers des véhicules électriques – électromobilité - ou non motorisés ;

  • la mise en place de zones de stationnement dédiées aux recharges des véhicules électriques à l’instar du Réseau Reveo sur neuf départements en Occitanie, peut encourager l’utilisation de véhicules électriques ;
  • proposer des stationnements sécurisés pour les vélos de ses usagers est un autre levier favorisant l’utilisation du vélo, jusqu’alors freinée par les risques de vols rencontrés ;
  • réduire les zones de stationnement automobiles au profit de la massification des zones cyclables ou de zones apaisées, incitent les usagers à réduire l’utilisation de leur véhicule personnel pour des modes plus actifs.

 

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aménagements de gares et haltes ferroviaires lio Occitanie

 

La réussite d’une bonne complémentarité intermodale suppose de :

  • se référer en priorité aux besoins en déplacement pour proposer des solutions de mobilités territoriales et non à une approche par mode ;
  • rechercher les complémentarités entre les différents modes de déplacement sans les opposer ;
  • réfléchir aux interfaces entre ces différents modes de déplacement pour faciliter l’intermodalité.
  • investir dans la densification du cadre bâti, rentabilisant ainsi le transport en commun en raccourcissant les distances, créant un cadre de rue agréable, sécurisé et invitant.
  • valoriser l’espace occupé par le stationnement : Le réaménagement des aires de stationnement au profit de l’espace public contribue largement à l’acceptation des mesures d’optimisation du stationnement.

Cependant, il est essentiel de réfléchir toute politique de stationnement en relation avec les politiques d’amélioration de l’ampleur et de la qualité des réseaux piéton et cyclable, de même que celles des transports en commun. Outre l’accueil des vélos et des deux-roues motorisés, la politique de stationnement s’accompagne du développement des modes de déplacements alternatifs adaptés et ciblés, ou des expérimentations, de nature à inciter à leur utilisation.

 

Mobiliser l’animation territoriale au service des évolutions comportementales

rechargement des batteries d'une voiture electrique Le seul aménagement de l’espace public ne suffit pas pour concrétiser les évolutions comportementales vers les mobilités durables. Des études en psychologie sociale et comportementale, relayées par l’ADEME dans son guide de 2016 sur l’accompagnement au changement, précisent l’importance des actions de sensibilisation et de communication engageante.

 

 

En 2014, le guide pratique des Centres Permanents d’Initiatives pour l’Environnement (CPIE) rappelle qu’une communication engageante “vise à rendre les individus sensibilisés acteurs de la situation de communication, et non seulement récepteurs de l’information, par l’intermédiaire d’actes préparatoires suivis d’une sensibilisation portant sur le même thème “.

Les collectivités sont en capacité d’engager des démarches de concertation, évènements et promotions propres aux mobilités durables, au sein desquelles les usagers sont acteurs des changements recherchés.

En 2005 l’association Vélo Toulouse - aujourd’hui Maison du Vélo et 2 pieds 2 roues- lance le défi “Allons Y à Vélo”. Ce défi consiste à mobiliser un maximum de salariés et de scolaires, le temps d’une semaine, et ce deux fois par an – printemps et hiver - à se rendre sur leurs lieux de trajet à vélo. 15 ans plus tard, ce défi persiste grâce au soutien de la Région Occitanie, du Département de la Haute Garonne et d’un nombre de plus en plus important d’entreprises, administrations ou établissements scolaires impliqués. La participation à ce défi repose sur la volonté des entreprises, communes, établissements scolaires qui s’engagent à mobiliser leurs publics.

 

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En ville, allons y a velo !
Allons Y à Vélo – Association 2Pieds 2 Roues – La Maison du Vélo

 

Journée sans voiture, Semaine Européenne de la Mobilité, chaque année du 11 au 21 septembre, challenges mobilité, sont autant de supports pour proposer des animations visant à encourager ces changements de pratiques.

La ville de Figeac s’appuie sur la Semaine Européenne de la Mobilité pour proposer différentes alternatives de déplacements. Les usagers peuvent expérimenter l’utilisation de vélo à assistance électrique, découvrir l’opération PédiBus en accompagnant leurs enfants à pied sur le chemin de l’école, ou encore profiter de balades collectives pour découvrir et se familiariser avec les futurs aménagements cyclables. Lauréat de l’appel à projet Régional PRSE3, 3e Plan Régional Santé Environnement, la Ville de Figeac accompagne la création d’une vélo école pour assurer la sensibilisation des usagers sur la pratique du vélo.

L’engagement dans des tels défis mobilité, même ponctuels, permet aux usagers d’expérimenter de nouveaux modes de déplacements, et de se rendre progressivement compte de la combinaison des modes de déplacement alternatifs la plus adaptée à leur situation. La dimension conviviale et collective de l’animation favorise l’appropriation des enjeux et thématiques par les usagers, ainsi que leur propension à enclencher des changements de comportements.

 

Accompagner les Plans de Mobilité Employeur et inter-entreprises en tant que collectivités

Depuis le 1er Janvier 2018, la loi TECV de 2015, complété par la Loi LOM de 2019, imposent aux entreprises de plus de 50 travailleurs sur un même site, l’élaboration d’un Plan de Mobilité Employeur. Les entreprises sont chargées d’évaluer, analyser et mettre en place un plan d’actions, afin de proposer des options de déplacements durables pour son personnel, ainsi que pour les déplacements liés à son activité. Ce plan de Mobilité vise à répondre aux objectifs de réductions des émissions polluantes et du trafic routier. Une fois concrétisé, ce plan de mobilité est remis à l’AOM compétente. Lorsque la collectivité prend la compétence d’AOM, elle veille à la bonne réception des Plans de Mobilités des entreprises localisées sur le périmètre de son Plan de Déplacements urbains. Elle veille également à la cohérence de l’ensemble des Plans de Mobilités avec les objectifs et ambitions mobilités du territoire.

Le Plan de Mobilité Employeur comprend cinq étapes :

L’AOM porte l’animation de la mise en œuvre des Plans de Mobilité Employeurs en accompagnant les entreprises dans l’élaboration de ces Plans. Tisséo Mobilités en Haute Garonne propose par exemple aux entreprises de son ressort territorial, un accompagnement à la réalisation des Plans de Mobilité employeurs, sur 3 niveaux :

  • au cours de la phase de lancement, lorsque l’entreprise débute, sans études préalables. Dans cette configuration, Tisséo Mobilités, avec appui de l’Agence d’urbanisme et d’Aménagement de Toulouse accompagne pour la réalisation des études et diagnostic nécessaires ;
  • au cours de la phase de lancement ou en cours de démarche, lorsque l’entreprise a déjà initié ou réalisé les études et diagnostics avec une maîtrise d’ouvrage ou des bureaux d’études extérieurs. Dans ce cas, Tisséo met plutôt des outils méthodologiques à disposition.
  • lorsque le Plan de Mobilité Employeur est déjà engagé, l’intervention de Tisséo Mobilités aide à garantir le bon suivi du PME.

Les AOM peuvent communiquer sur les PME déjà constitués ou veiller à mettre en relation différentes entreprises ayant ou non engagé des Plans de Mobilité Employeur afin d’encourager la mutualisation de ces Plans de Mobilité dans le cadre d’un Plan de Mobilité inter-entreprises -PMIE. Un plan de mobilité interentreprises développé sur la région Toulousaine par une douzaine d’entreprises a par ailleurs été récompensé en 2019 à l’occasion des Trophées de la Mobilitéorganisés par Tisséo Mobilités.

Dans le cadre de son Plan de Mobilité Rurale 2017-2025, le Pays Sud Toulousain prévoit par exemple l’expérimentation du covoiturage avec les entreprises volontaires de son ressort territorial. L’accompagnement vise surtout à motiver les salariés des entreprises volontaires à reporter leur moyen de transport vers les gares, préfigurant les contenus des Plans de Mobilité obligatoires pour les entreprises du territoire.


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