| Mobilité durable

Une transition vers des mobilités durables

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Développer des solutions de mobilités alternatives et durables permet aux territoires de s’inscrire dans une démarche exemplaire de transition visant à développer une multitude d’offres et d’actions adaptées, prônant une mobilité inclusive et respectueuse de l’environnement. En effet, le secteur des transports et des mobilités représente de forts enjeux pour les collectivités territoriales dans le cadre de leur stratégie de transition énergétique.

 

Stimuler le développement d’innovations et d’expérimentations sur son territoire en faveur des mobilités durables

Les solutions de mobilité durable visent à répondre aux différents enjeux transversaux du secteur des transports, à savoir les enjeux environnementaux, énergétiques, sociaux, économiques, sanitaires et urbanistiques.
On entend par mobilité durable, une mobilité :
• inclusive et solidaire - donner à tous l’accès à une mobilité adaptée à ses activités ;
• inter et multimodale - mettre à disposition de la population différents modes de déplacement pour 1 seul trajet ;
• optimisée - créer des espaces de travail collaboratifs ;
• sûre - développer l’éco-conduite ;
• vertueuse - favoriser les circuits-courts ;
• active - promouvoir le vélo et la marche à pied ;
• partagée - développer les systèmes de covoiturage.

Pour réussir la transition de son territoire en faveur des mobilités durables. Les collectivités peuvent agir selon trois axes d’interventions, afin de stimuler le développement d’innovations et d’expérimentations sur leur territoire.

Dans un premier temps, il est essentiel pour les collectivités d’agir sur les besoins en déplacements, afin de les réduire, notamment les déplacements non-contraints ou substituables.
Pour cela les collectivités à travers leur rôle en matière d’aménagement du territoire ont des opportunités pour réguler ces déplacements substituables.
Elles peuvent agir en planifiant les offres de mobilités de leur territoire en fonction des besoins en déplacements, en cohérence avec l’urbanisme et la répartition des équipements, à travers les différents documents de planification ; elles peuvent également agir sur la réduction des déplacements substituables en encourageant le développement de nouvelles pratiques de travail, par exemple en favorisant et en accompagnant les entreprises au déploiement du télétravail, des tiers lieux, ou de l’aménagement d’horaires décalés.

Dans un second temps, les collectivités ont l’opportunité d’agir sur le développement d’offres de mobilités alternatives, adaptées aux spécificités de leur territoire.
Pour des territoires denses, les enjeux seront de répondre à une demande forte en déplacement et de décongestionner, tout en améliorant la qualité de l’air. Les axes d’interventions vont du développement de lignes de transports en commun (métro, tramway, bus), aux solutions d’autopartages ou de covoiturages de courte distance, à l’encouragement de la multimodalité, à la structuration du stationnement voiture en cohérence avec l’offre intermodale, ou encore au développement des modes actifs.

En territoire moins dense, les enjeux seront d’assurer une accessibilité des services et de répondre à la dépendance de l’autosolisme dans une logique solidaire. Pour cela les collectivités peuvent avoir recours à des solutions de transport à la demande, de mobilités partagées et inclusives, à travers le covoiturage et l’autostop organisé ; ainsi qu’au développement des mode actifs en intermodalité avec les liaisons ferroviaires et routières interurbaines.

En complément de la réduction des besoins en déplacements et du développement d’offres alternatives, les collectivités ont la possibilité de déployer des structures de recharges et d’avitaillement pour les carburants alternatifs, notamment l’électricité, le bioGNV et l’hydrogène. Ce déploiement de structures d’avitaillement se réalise en cohérence avec les projets d’énergies renouvelables du territoire. Il s’accompagne de l’acquisition de flottes propres, à la fois pour les transports collectifs, les services publics et les usages internes de la collectivité. De plus les collectivité peuvent accompagner l’acquisition de véhicules propres pour les particuliers et les entreprises.

 

Les objectifs régionaux de sobriété énergétique des transports à l’horizon 2050 dans le cadre de la stratégie Région à Energie Positive

En complément du développement des énergies renouvelables, le scénario REPOS s’appuie sur d’importants gains d’efficacité énergétique et de sobriété. Ces économies d’énergies permettront, en 2050, de couvrir 64% de l’écart qui sépare la demande d’énergie de la production d’énergie renouvelables en Occitanie dans le scénario tendanciel. Cette baisse de la consommation d’énergie est imputable à 59% au seul secteur des transports, qui est de loin le premier secteur sur lequel est porté l’effort dans le scénario en termes d’économie d’énergie. En 2015, ce secteur était responsable de 38% des consommations énergétiques du territoire régional. Le scénario RÉPOS intègre une baisse très significative des consommations d’énergie liées à la mobilité des personnes et des marchandises de 50,4 TWh à 17,5 TWh en 2050.

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mobilité durable en Occitanie
Selon le scénario Région à Energie Positive, Région Occitanie
Région Occitanie

Cette réduction est obtenue en jouant sur quatre facteurs d’évolution de la demande :
• La réduction des déplacements contraints et/ou inutiles, substituables par le numérique (télétravail, vidéoconférence) et par une politique facilitant les transports doux (marche, vélo à assistance électrique, etc),
• Le passage de la mobilité individuelle vers des modes de transports collectifs,
• Le développement de la mobilité servicielle, c’est-à-dire de services facilitant le partage de véhicule, le covoiturage et l’optimisation des coefficients de remplissage,
• La généralisation de véhicules réellement adaptés à leur usage, notamment pour des trajets courts en zone urbaine.

 

Les transports et les mobilités : un secteur à forts enjeux pour la transition énergétique

Au niveau national, en 2018, le secteur du transport représentait 32% de la consommation d’énergie finale, contre 30% en 1990. Une consommation énergétique en grande partie issue des produits pétroliers (gazole, essence, carburéacteurs) qui représente 91% de la consommation finale énergétique. En 2017, seulement 7% des usages de transport sont issus des biocarburants et 2% de l’électricité. (Chiffres clés de l’énergie - Édition 2019. Il est également le principal émetteur de C02, avec 39 % des émissions totales de Gaz à effet de serre (GES) (Chiffres ADEME et vous - mobilité durable - janvier 2019.
La Loi relative à la Transition Énergétique pour la Croissance Verte (LTECV) de 2015 prévoit des objectifs quant à la réduction des émissions de GES - les réduire de 40% entre 1990 et 2030 - ou encore quant à la réduction de la consommation énergétique finale – diminution de 50 % en 2050 par rapport à 2012.
Pour atteindre ces objectifs, le développement des transports dits “propres” est donc primordial. Ce secteur représente un enjeu fort, tant sur le plan social - santé publique et qualité de vie -, économique ou écologique - dérèglement climatique et perte de la biodiversité. Des mesures exemplaires doivent être prises aux niveaux régional et local pour assurer une transition globale vers un secteur des transports durable.

 

La Loi d’Orientation des Mobilités : la nouvelle loi directrice pour encadrer les actions et pratiques de mobilités

La Loi d’Orientation des Mobilités, promulguée le 24 décembre 2019, ambitionne de transformer profondément nos habitudes de mobilité, en réformant le cadre général des politiques de mobilités et en y intégrant les enjeux environnementaux. (Loi du 24 décembre 2019 d’orientation des mobilités). Elle vise ainsi quatre objectifs principaux :
• Sortir de la dépendance automobile
• Accélérer la croissance des nouvelles mobilités
• Réussir la transition écologique
• Programmer les investissements dans les infrastructures de transport

À travers la démarche France Mobilités, qui s’inscrit en complément opérationnel de la Loi d’Orientation des Mobilités, les collectivités peuvent disposer d’une véritable « boite à outils ». Afin de développer au plus près des territoires les solutions pertinentes, accessibles à tous et plus respectueuses de l’environnement et ainsi offrir des solutions alternatives à la voiture individuelle.
Des cellules régionales sont également mises en place, afin d’apporter de l’appui à la mobilité aux collectivités d’Occitanie.